La circulation en Côte d’Ivoire a besoin d’un nouveau souffle. C’est pourquoi les responsables étatiques ont décidé d’apporter un grand changement au niveau de ce secteur. L’objectif étant d’innover le monde du transport en commun, notamment le parc automobile des taxis en Abidjan. Ainsi, le gouvernement ivoirien a trouvé opportun le lancement du nouveau label «Ivoire Taxi» depuis le mois de novembre 2017.

Dans la réalisation de cette opération de restructuration et de professionnalisation du secteur, la formule 3P (Partenariat Public Privé) a été mise en évidence où l’Etat ivoirien a choisi une dizaine de société privée pour atteindre le but fixé. Celui d’emboîter le pas de la première ville française Paris avec ses nombreuses compagnies de taxis telles Alpha Taxi, Taxis G7 ou encore Taxis Bleus. Aujourd’hui, on dénombre une centaine de voitures neuves pourvues d’un compteur.

En fait, l’idée d’assainir le domaine de locomotion, particulièrement les taxis-compteurs a été motivée par la saturation du trafic routier qui bloque la circulation dans la capitale économique ivoirienne surtout quand viennent les heures de pointe, selon le ministre des transports Amadou Koné. Pour la petite histoire, ce n’est autre que la suite logique d’une profonde réforme du système de transport qui a démarré en 2014. Pour informations, ce district avec ses 6 millions de populations abrite quelques 10.000 taxis-compteurs officiels en plus des 19.000 autres non déclarés sans oublier les milliers de «wôro wôro» et de minibus «gbaka».

Toutefois, ce grand changement prôné par l’autorité de la Côte d’Ivoire est également source de divergence au niveau de la population. Par exemple, Africab, le leader local des sociétés de VTC (Voitures de Transport avec Chauffeur) apprécie particulièrement la volonté des dirigeants ivoiriens à promouvoir davantage la modernisation numérique du monde du transport dans la République de la Côte d’Ivoire. Son responsable des ventes Mathieu Lemaire d’informer que le chiffre d’affaires de l’entreprise se négocie à 50% aujourd’hui avec la participation active de la clientèle «corporate» constitué par les établissements hôteliers, les institutions ou encore les grands groupes.

Quand aux modestes chauffeurs de taxi comme Alioune Sylla, ils restent carrément pessimistes au projet des VTC sur le territoire ivoirien. Pour argumenter, il a pris comme exemple concret la situation qui a poussé l’abandon du géant américain Uber au Maroc. Sinon, il a confiance à son métier qu’il a exercé depuis cinq années déjà dans la mesure où le pouvoir d’achat de la majorité de la population en Côte d’Ivoire ne permet pas encore de payer le tarif du nouveau label «Ivoire Taxi» comme c’est les cas des salariés aisés aux Etats-Unis ou en France.